Copains du Bataillon de Joinville

Pierre BERARD

64/1A Athlétisme Demi-fond

 

Pierre BERARD

64-1A Athlétisme

2 - Pierre et Victor au Hohneck - 2005En surfant sur le "net", j'ai découvert ce site créé par Lucien BAUDOT et retrouvé avec plaisir des photos de copains ayant comme moi usé leurs pointes dans le bois de Vincennes et les pistes (encore en cendrée…) de l'I.N.S. devenu aujourd'hui  l'I.N.S.E.P. J'ai alors décidé d'apporter ma petite pierre à l'édifice en lui adressant quelques souvenirs photographiques de l'époque de mon service national trouvés dans mon grenier et agrémentés de ces quelques mots souvenirs.

Appelé sous les drapeaux en janvier 1964 (64-1A), j’ai effectué mes classes puis rejoint les E.O.R. C’est lors des cours dispensés dans ce cadre que j’ai reçu (avec joie…) ma feuille de route pour le Bataillon de Joinville et début mai 1964 je prenais la direction de la Redoute de Gravelle.

Affecté à la 1ère compagnie qui regroupait alors les athlètes et les  footballeurs, j'y ai retrouvé des adversaires mais néanmoins copains des sous-bois et cendrées, les plus costaux de la chambrée "demi-fond"  ayant pour nom Jean-Luc SALOMON, Pierrot TOUSSAINT, François LACOUR, Jean-Pierre PEYRONNET…, les autres (pour les noms encore en ma mémoire) étant BIRAN, François BONIFACY, BONTOUX, Gérard NERET, Bernard PAQUEREAU, THEILLIER, Jean-Pierre CLEMENT, PAUL, etc…

Dans les chambres voisines, se côtoyaient d’autres “champions” à savoir entre autres Robert SAINTE-ROSE et Jacques MADUBOST, sauteurs en hauteur, ce dernier futur champion d’Europe à Budapest (1966).

Le Bataillon regorgeait de sportifs au palmarès déjà bien fourni, surtout parmi nos voisins de chambre footballeurs qui allaient remporter le C.I.S.M. avec les lyonnais Fleury DI NALLO et Nestor COMBIN (une figure !...), Hervé REVELLI, Didier COUECOU, Georges LECH, Charly LOUBET, Patrick ISNARD, René GALLINA, etc... D’autres allaient le devenir par la suite, je pense à Daniel MORELON et Pierre TRENTIN, le duo de la vitesse cycliste ainsi que Lucien AIMAR, Walter SPANGHERO et Jean GACHASSIN les rugbymen, Marcel CERDAN Junior et bien d’autres encore.

Notre “régime” quotidien était l'entrainement.  Dès que les cars nous emmenant vers 9 heures à l'I.N.S. nous avaient déposés à l’entrée des vestiaires, les entraineurs nationaux de l’époque (Roger THOMAS et René FRASSINELLI pour le demi-fond auquel se joignait Jacques DARRAS) nous prenaient en charge avec leurs plans d’entrainement adaptés à la période de la saison et aux spécificités de chacun. Le bois de Vincennes, comme les pistes du stade d’honneur et du stade couvert de l’I.N.S., étaient notre horizon, de même que la petite piste circulaire de 200 mètres jouxtant l'I.N.S. dans le bois et entretenue par nous-mêmes à l’aide d’aiguilles de pins pour faire travailler les chevilles, sans parler des buttes pour le "renforcement musculaire", méthode naturelle chère à Roger THOMAS.

Les mardi et jeudi matin, un car traversait Paris afin de nous conduire en forêt de Marly, domaine cher à Michel JAZY et Alain MIMOUN qui nous accompagnaient très souvent pour un  travail foncier alliant pelouse dans le parc du château, accélération dans la longue et pentue côte du Cœur-volant et endurance sur les sentiers en pleine forêt. Les après midi étaient plus particulièrement consacrés à la récupération et à la détente dans le cadre de l'I.N.S. et si nécessaire aux soins et tests médicaux avec le staff médical à notre disposition.

La vie de militaire proprement dite nous rejoignait toutefois pour des jours de garde (mais jamais le week-end afin d'être libre pour les compétitions) et le treillis était de rigueur pour se rendre au réfectoire. Le reste du temps c’était survêtement. Comme pour tout jeune ayant effectué son service national, relater les anecdotes quotidiennes d’une année de vie commune prendrait trop de temps, mais une chose est sûre, la mélancolie n'avait pas sa place dans la chambrée.

Cette vie a pris fin pour moi le 30 avril 1965, date à laquelle j'ai été rendu à la vie civile.